Le microbiote intestinal

Focus sur notre intestin…

Chaque jour, notre intestin relève un défi de taille.
Parmi tout ce que l’on ingère :

Il sélectionne ce qui est indispensable au bon fonctionnement de notre organisme

(les nutriments)

Et il rejette ce qui nous nuit

(les éléments toxiques ou les éléments infectieux dits pathogènes).

Pour assurer ces missions, l’intestin dispose de 3 atouts :

Sa muqueuse recouverte de mucus qui agit de barrière intestinale pour protéger notre organisme de l’entrée de microorganismes pathogènes.
Son système immunitaire, qui représente les ¾ des cellules immunitaires de l’organisme, produit des substances antimicrobiennes. Il sait faire la différence entre les éléments infectieux et ce qui est bon pour nous (nutriments et flore intestinale).
Et sa flore intestinale, encore appelée microbiote intestinal : un véritable monde que nous vous proposons de découvrir ici !

Le microbiote intestinal : un monde entier dans notre intestin

Le monde du microbiote intestinal comprendrait plus de 100 000 milliards d’habitants ! C’est 10 fois plus que le nombre de cellules du corps humain.

On y trouve des bactéries principalement (plus de 1000 espèces différentes), mais aussi de nombreux virus et des levures.

Certaines espèces sont présentes en permanence dans l’intestin (on parle de microbiote dominant qui constitue la majorité du microbiote, et du microbiote sous-dominant, moins important en quantité). D’autres espèces sont seulement en transit dans l’intestin (on parle de microbiote de passage).

Répartition du microbiote intestinal

Le nombre et la diversité des bactéries composant le microbiote augmentent au long du tractus gastro-intestinal, de l’estomac au côlon.
La composition qualitative et quantitative du microbiote devient progressivement plus importante et plus riche de l’estomac vers le côlon. Elle est caractéristique à chaque individu.

Bactéries intestinales et hôte : une cohabitation de longue date, bénéfique à chacun.

Stérile à la naissance, le tube digestif est colonisé dans les heures qui suivent. Le microbiote intestinal évolue très rapidement durant les premiers mois de la vie, à mesure que le régime alimentaire se diversifie. Il demeure par la suite relativement stable. Dans l’intestin, le microbiote profite d’un environnement très favorable à sa croissance (température, oxygène, pH, nutriments). Quant à nous, le microbiote nous est profitable de 3 façons :

Le microbiote intestinal nous protège

Le microbiote intestinal joue un rôle direct dans la digestion

  • la fermentation de certains aliments non digestibles (qui produit des gaz mais aussi des acides gras à chaîne courte, source d’énergie pour les cellules intestinales(1))
  • la synthèse de certaines vitamines (vitamine K, B12, B8)
Sans microbiote, nos besoins énergétiques seraient 20 à 30 % supérieurs.

Le microbiote intestinal participe au développement de la muqueuse intestinale grâce à la production d’acides gras à chaîne courte qui ont un effet sur la croissance et maturité des cellules intestinales.

La dysbiose,
résultat des nombreuses attaques du microbiote

Différents facteurs peuvent nuire au microbiote, parmi elles : le régime alimentaire, les infections virales ou bactériennes et la prise d’antibiotiques.

Ils peuvent induire :

  • un changement de la composition du microbiote, en termes de quantité et de qualité (une perte des bactéries bénéfiques et la prolifération des bactéries pathogènes)
  • et une perte de la diversité microbienne.
L’équilibre fondamental au maintien de l’état normal de l’intestin est rompu : on parle de dysbiose.

dysbiose

Prolifération de bactéries pathogènes
Diversité réduite
Pertes des bactéries bénéfiques
Ce déséquilibre a des conséquences directement sur nous. Il peut être à l’origine :
d’un inconfort, voire de douleurs abdominales
de ballonnements
de troubles du transit, constipation et/ou diarrhée
Toutefois, cette dysbiose est le plus souvent transitoire et le microbiote revient progressivement à son état initial : cette capacité s’appelle la résilience.
1.Mack DR et al. Extracellular MUC 3 mucin secretion follows adherence of Lactobacillus strains to intestinal epithelial cells in vitro. Gut 2003 ; 52 (5) : 827-33.